Géopolitique régionale : les Banyamulenge saluent l’action salvatrice du Burundi en RDC.

Reçue le 17 mars 2026 par le Président burundais Son Excellence Évariste Ndayishimiye, la délégation de l’association Banyamulenge Global Advocacy , venue notamment des États-Unis, a exprimé une reconnaissance claire envers le Burundi pour son engagement en faveur de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

En saluant les efforts du Burundi, les représentants banyamulenge reconnaissent le Burundi comme un acteur régional qui mise sincèrement sur le dialogue, l’accueil des réfugiés et la stabilisation durable, tandis que Kigali a longtemps instrumentalisé les Banyamulenge, des Tutsi, pour justifier une agression militaire et des crimes de guerre injustifiables.

Le timing de cette séquence diplomatique a également toute son importance au moment où Kigali réactive son narratif régional sur fonds de divisions ethniques. Elle vient opposer un démenti factuel aux relais médiatiques de Kigali pour faire avaler à l’opinion régionale et internationale son agenda belliqueux.

En effet, deux jours plus tôt, une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux, attribuée à la journaliste rwandaise Scovia Mutesi, a provoqué une vague d’indignation. Connue pour être une caisse de résonance du Front patriotique rwandais (FPR), formation politique au pouvoir à Kigali, elle y tient des propos qui font voir le conflit armé initié par Kigali de manière simpliste et dangereuse; à savoir un pouvoir tutsi qui veut défendre les Tutsis, anticipativement, contre un potentiel et imminent danger qui viendrait des Hutus. Un discours de haine qui a suscité, à juste titre, l’indignation.

Au-delà de la personne, c’est la nature même du discours qui interroge. Dans une région où les frontières entre communication politique, activisme médiatique et stratégie d’influence sont souvent poreuses, ce type de sortie est difficilement perçu comme isolé. Pour de nombreux analystes, ces narratifs s’inscrivent dans un environnement où les discours publics peuvent refléter, voire accompagner, des positionnements géopolitiques plus larges.

La tentative de présenter ces propos comme une défense des Tutsi banyamulenge apparaît d’autant plus contestée que plusieurs voix issues de cette communauté dénoncent depuis longtemps des formes d’instrumentalisation dans les dynamiques régionales. Entre abandon, violences et récupération politique, une partie des Banyamulenge affirme ne pas se reconnaître dans certains discours supposés parler en leur nom.

Ce contraste est frappant : d’un côté, une délégation qui remercie un État pour son rôle stabilisateur et son accueil des réfugiés ; de l’autre, des prises de parole médiatiques à forte charge identitaire, perçues comme attisant les fractures plutôt que les apaiser.

Dans l’Est de la RDC, où la présence de groupes armés et les rivalités d’influence régionales continuent d’alimenter l’instabilité, la bataille ne se joue pas uniquement sur le terrain militaire. Elle se joue aussi dans les récits, les perceptions et les discours.

C’est précisément là que se situe l’enjeu majeur : entre diplomatie apaisante et communication clivante, la région oscille. Et dans cet équilibre fragile, chaque mot, chaque déclaration, chaque vidéo peut devenir un facteur de tension… ou, au contraire, un levier de paix.

En saluant le Burundi, les Banyamulenge envoient un signal politique fort au Rwanda : Pas en notre nom!

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