Le 16 juin 2026 restera une date marquante dans l’histoire énergétique du Burundi. Le gouvernement a procédé à l’inauguration officielle du barrage hydroélectrique de Murembwe, deuxième composante du vaste projet hydroélectrique Jiji-Murembwe (PHJIMU), considéré comme l’un des plus importants investissements réalisés dans le secteur de l’énergie depuis l’indépendance.
Les cérémonies ont été organisées sous le haut patronage du Premier ministre Nestor Ntahontuye, en présence de plusieurs membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers ainsi que des responsables de la Regideso, maître d’œuvre du projet.
Après plusieurs années de travaux et une année complète d’essais techniques, le barrage de Murembwe est désormais pleinement opérationnel. Depuis septembre 2025, ses 17,5 mégawatts sont injectés dans le réseau interconnecté national. Cette nouvelle infrastructure vient compléter le barrage de Jiji, d’une capacité de 32,5 mégawatts, inauguré le 25 juin 2025 par le Président de la République, Évariste Ndayishimiye.
À eux deux, les barrages de Jiji et Murembwe produisent désormais 49,5 mégawatts supplémentaires et près de 235 gigawattheures d’électricité par an. Le complexe est équipé de six turbines Pelton, dont trois pour chaque centrale. Pour le seul barrage de Murembwe, la production annuelle est estimée à 90,5 gigawattheures grâce à une puissance installée de 17,5 mégawatts. L’ouvrage comprend notamment un tunnel de 1,164 kilomètre, une hauteur de chute de 244 mètres ainsi qu’un réservoir exploitable de 45 000 mètres cubes.
Le courant produit est transporté via le poste de Kabezi jusqu’au dispatching national RN1, renforçant ainsi la capacité de la Regideso à approvisionner le pays en électricité. Cette augmentation de la production devrait permettre de réduire sensiblement les délestages qui affectaient encore de nombreux ménages et entreprises.
Prenant la parole lors des cérémonies, le Secrétaire Permanent au ministère en charge de l’Énergie, Dr Ir Martin Ndayizeye, a salué les efforts déployés par la Regideso et ses partenaires depuis 2021 pour accélérer la réalisation du projet. Tout en se réjouissant de cette avancée, il a rappelé que le défi reste immense.
« Nous sommes à 25 % d’accès à l’électricité, alors que nous devons atteindre 70 % en 2030 et 100 % en 2040 », a-t-il déclaré, invitant toutes les parties prenantes à poursuivre leur mobilisation pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement.
Le responsable a également rendu hommage aux partenaires qui ont accompagné le Burundi tout au long du projet. La Banque mondiale a assuré le rôle de chef de file du financement, tandis que la Banque africaine de développement et l’Union européenne ont apporté des contributions financières et techniques déterminantes dans la réalisation des infrastructures.
Au-delà de son importance énergétique, le projet Jiji-Murembwe a également eu un impact social significatif. Selon les autorités, près de 1 900 emplois directs à temps plein ont été créés au profit des communautés riveraines des chantiers durant la phase de construction. Des milliers d’autres emplois indirects ont également été générés dans différents secteurs liés aux travaux.
Le gouverneur de la province Burunga, Parfait Mboninyibuka, a d’ailleurs exprimé sa satisfaction quant aux retombées économiques observées au niveau local, soulignant que les populations environnantes ont bénéficié de nombreuses opportunités d’emploi et d’activités génératrices de revenus.
L’achèvement du projet Jiji-Murembwe intervient dans un contexte où le Burundi accélère sa transformation économique. Depuis 2020, le pays a engagé d’importants investissements dans les infrastructures énergétiques afin de répondre à une demande croissante en électricité. La capacité nationale de production, qui était inférieure à 100 mégawatts il y a quelques années, approche aujourd’hui les 200 mégawatts grâce à la mise en service de nouvelles centrales.
Cette progression reflète la volonté du Président Évariste Ndayishimiye de faire de l’énergie l’un des principaux moteurs du développement national. Depuis son arrivée au pouvoir, le Chef de l’État ne cesse de rappeler que l’accès à une énergie abondante et stable constitue une condition essentielle à l’industrialisation du pays, à la création d’emplois et à l’amélioration des conditions de vie de la population.
Avec l’entrée en service complète du projet Jiji-Murembwe, le Burundi franchit ainsi une étape décisive vers l’atteinte de sa Vision 2040-2060. Plus qu’un simple projet hydroélectrique, cette réalisation symbolise l’ambition d’un pays qui entend bâtir les fondations de son émergence économique sur une énergie durable, accessible et capable d’accompagner la modernisation de son industrie, de son agriculture et de ses services. Pour de nombreux Burundais, l’inauguration de Murembwe représente aujourd’hui bien plus qu’une mise en service technique : elle incarne l’espoir d’un avenir où l’électricité ne sera plus un privilège, mais un moteur de prospérité partagé par tous.