Le Burundi entend renforcer les compétences numériques, notamment en intelligence artificielle, en mettant en place un cadre légal approprié et les infrastructures nécessaires à son utilisation.
Cette volonté a été exprimée lors d’un panel consacré à l’intelligence artificielle, organisé dans le cadre de la conférence scientifique réunissant les jeunes Imbonerakure, à Gitega, au Grand Séminaire Saint Jean Paul 2.
La séance a été animée par des experts de l’ARCT, du SETIC, du PAFEN, de l’ARMC, de la BBS et de l’Institut des technologies numériques de l’Université du Burundi.
Selon le Directeur Général de l’ARCT, Muhizi Samuel, expert et enseignant universitaire, l’intelligence artificielle peut être utilisée dans différents domaines professionnels afin d’améliorer le travail et la productivité. Il estime toutefois que son utilisation doit être accompagnée de lois et de mécanismes de régulation.
Pour lui, il faut tirer profit des opportunités offertes par l’intelligence artificielle tout en veillant à ce qu’elle ne porte pas préjudice au travail humain.
« Il est important d’utiliser les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle dans différents métiers, mais il faut également mettre en place des règles pour encadrer leur utilisation », a-t-il expliqué.
De son côté, Irakoze Bienvenu, Secrétaire exécutif du SETIC et Coordonnateur du PAFEN, a souligné que la réussite de l’intelligence artificielle au Burundi dépendra du renforcement des connaissances et compétences numériques. Il a insisté sur la nécessité d’un cadre légal, de plateformes et d’infrastructures adaptées.
Dans cette dynamique, l’Université du Burundi a commencé à intégrer l’intelligence artificielle dans son offre de formation. Prof. Mukeshimana Michelle, enseignante et responsable de l’Institut des technologies numériques, a indiqué que l’université dispose désormais d’un département dédié à l’enseignement de l’usage de l’intelligence artificielle et d’autres technologies numériques. Cette formation prépare une nouvelle génération capable de maîtriser les technologies émergentes et de les mettre au service du développement national.
Si l’intelligence artificielle offre de nombreuses opportunités, les experts ont aussi mis en garde contre les menaces liées à son utilisation abusive ou irresponsable. Nifasha Diègue, Directeur Général du BBS, a expliqué qu’elle peut produire de fausses informations, favoriser la désinformation et être utilisée pour tromper ou manipuler. Il a évoqué la création de fausses voix, images ou autres contenus susceptibles d’induire le public en erreur.
Il a également attiré l’attention sur le risque de disparition de certains emplois lorsque l’intelligence artificielle est utilisée de manière inadéquate. Face à ces défis, il a insisté sur le renforcement de la lutte contre la cybercriminalité et la mise en place de plateformes permettant de prévenir et combattre les abus numériques.
Les experts ont appelé les jeunes à ne pas considérer l’intelligence artificielle uniquement comme une menace pour l’emploi, mais comme un outil d’acquisition de connaissances et de création d’opportunités. Nifasha Diègue a souligné que son utilisation doit être accompagnée de réflexion, d’intelligence et de bonnes décisions. L’être humain doit rester au centre du processus et utiliser la technologie de manière responsable.
Les jeunes sont encouragés à se familiariser avec l’intelligence artificielle, à l’utiliser pour approfondir leurs connaissances, développer leurs compétences et explorer de nouvelles possibilités professionnelles.
Pour le Burundi, la promotion de l’intelligence artificielle est une opportunité de renforcer la transformation numérique. Sa réussite nécessitera des compétences, des infrastructures, un cadre légal adapté et une utilisation responsable de la technologie.