Burundi- Chine: La délégation du CNDD-FDD s’imprègne du modèle de gouvernance et de supervision du Parti communiste Chinois (PCC).

La délégation du CNDD-FDD, conduite par Pierre Nkurunziza, secrétaire national en charge des vétérans, poursuit en Chine une formation d’envergure sur le fonctionnement du Parti communiste chinois (PCC). Cette initiative vise à renforcer la compréhension des mécanismes politiques, administratifs et de supervision qui soutiennent la réussite du modèle chinois. Au cours de la journée du 27 octobre 2025, deux conférences de haut niveau ont marqué les esprits des participants.

Durant la matinée, elles ont été animées respectivement par le professeur Li Xingguo, docteur et vice-doyen de la faculté de gestion publique de l’Université des relations du travail de Chine, et par le professeur Wang Ruolei, du département de gouvernance nationale de l’École centrale du Parti communiste chinois.

Le professeur Li Xingguo a développé un exposé approfondi sur la formulation et la mise en œuvre des politiques publiques du Parti communiste chinois. Il a d’abord expliqué la structure juridique et institutionnelle qui fonde le système politique chinois, mettant en avant le rôle central du Parti dans la conception, la coordination et la supervision de toutes les politiques nationales. Selon lui, les politiques publiques en Chine sont élaborées selon trois niveaux principaux : les décisions législatives, les décisions administratives et les politiques directes du Parti. Ces dernières, issues des congrès nationaux ou des sessions plénières du Comité central, orientent l’action de l’État et guident les gouvernements locaux.

Le professeur a ensuite présenté les modèles utilisés par le Parti pour élaborer ses politiques, notamment le modèle de planification, le modèle d’expérimentation, celui de décision par consensus et enfin celui d’apprentissage et d’adaptation. Le modèle de planification constitue, selon lui, le cœur de la gouvernance chinoise. Il repose sur une coordination étroite entre les niveaux central et local afin d’assurer la cohérence nationale et la mise en œuvre effective des politiques à long terme. Le modèle d’expérimentation, ou « politique pilote », permet de tester de nouvelles initiatives à petite échelle avant leur généralisation, garantissant ainsi des décisions fondées sur des résultats concrets. Le modèle de consensus illustre, quant à lui, la recherche d’unité au sein du Parti : toutes les décisions importantes sont prises après des consultations approfondies entre les différents acteurs, conformément au principe du centralisme démocratique.

Enfin, le modèle d’apprentissage et d’adaptation montre que la Chine apprend continuellement de ses propres expériences et de celles d’autres nations, en ajustant ses politiques selon les besoins et les défis du moment. Le professeur Li Xingguo a également insisté sur les caractéristiques fondamentales de l’élaboration des politiques chinoises : la recherche de la vérité à partir des faits, la primauté de l’intérêt du peuple, la consultation permanente avec la base et la combinaison entre prudence et audace. Pour lui, le secret de la réussite chinoise réside dans la capacité du Parti à maintenir un lien direct avec la population, à écouter les besoins des citoyens et à adapter en permanence son action.

Dans l’après-midi, le professeur Wang Ruolei, enseignant à l’École centrale du Parti et spécialiste des politiques de gouvernance, a abordé un autre thème essentiel : « Le perfectionnement du système de supervision du Parti et de l’État ». Son exposé a débuté par une explication sur la nécessité de renforcer la supervision dans tout système politique moderne. Selon lui, le pouvoir public, par son essence même, doit toujours être contrôlé pour éviter les dérives. Inspiré par la pensée de Mao Zedong et par les orientations du président Xi Jinping, le Parti communiste chinois considère que seul le peuple peut surveiller le gouvernement et que le Parti doit constamment pratiquer l’autocritique et la réforme interne.

Le professeur Wang Ruolei a expliqué que le système chinois de supervision repose sur plusieurs piliers, à savoir: la supervision interne au Parti, la supervision nationale exercée par la Commission de supervision de l’État, la supervision judiciaire, administrative, démocratique et populaire. Ces différentes formes de contrôle fonctionnent de manière complémentaire afin d’assurer que tous les responsables publics agissent pour le bien du peuple. Il a précisé que la Commission centrale de discipline joue un rôle clé dans ce système, en luttant contre la corruption et en garantissant la discipline politique au sein du Parti.

Depuis la réforme de 2018, cette structure couvre désormais tous les niveaux administratifs, assurant une surveillance complète de l’exercice du pouvoir. Le professeur a également évoqué les résultats concrets de cette réforme : la transparence accrue dans la gestion publique, la responsabilisation des cadres et la restauration de la confiance du peuple envers ses dirigeants. Le modèle chinois de supervision combine ainsi la vigilance du Parti, la rigueur de la loi et la participation du peuple, créant un équilibre entre autorité et responsabilité. La délégation du CNDD-FDD a salué la richesse de ces enseignements et souligné leur pertinence pour le Burundi.

Les deux professeurs ont offert une compréhension claire de la manière dont le PCC assure la cohérence entre la direction politique du Parti, la mise en œuvre des politiques publiques et la supervision du pouvoir. Ces expériences inspirent la délégation burundaise dans sa volonté de renforcer la discipline, la transparence et la gouvernance au sein du parti et des institutions nationales, afin de servir plus efficacement les intérêts du peuple burundais.

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